I. INTRODUCTION

D'après le rapport sur la Santé dans le monde 1997, établi par l'Organisation Mondiale de la Santé, les maladies infectieuses ou parasitaires représentaient 17 millions de décès sur 52 millions en 1996. Sur ces 17 millions, 1,5 millions de décès étaient liés au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou au syndrome d'immunodéficience acquis (SIDA) associé. Durant cette même année, 3,1 millions de nouveaux cas d'infection étaient recensés (ONUSIDA).

Le VIH, agent infectieux responsable du SIDA, a été identifié par Barré-Sinoussi et al.en 1983. Ce virus appartient au groupe des Lentivirus de la famille des Rétrovirus. Les rétrovirus tirent leur nom de la transcriptase inverse, enzyme originale, responsable de la transcription inverse d'un acide ribonucléique (ARN), constituant le génome de ces virus, en un acide désoxyribonucléique (ADN) durant leur cycle de vie (Baltimore D., 1970; Temin H.M. et Mizutani S., 1970). Les lentivirus sont caractérisés par un temps de latence important entre l'infection et l'apparition des symptômes de la maladie. Ces virus nécessitent une machinerie cellulaire pour dupliquer leur génome et produire leurs protéines. Ils sont donc contraints à infecter des cellules.

Les mécanismes de l'infection des cellules par le VIH ne sont pas précisément connus. Néanmoins, les deux glycoprotéines de l'enveloppe, gp120 et gp41, codées par le gène env, constituent la clef d'entrée du virus dans les cellules. La glycoprotéine gp120 est responsable de la reconnaissance de la cellule cible par son interaction spécifique avec des récepteurs membranaires cellulaires. La glycoprotéine gp41 est impliquée dans le mécanisme de fusion des membranes cellulaire et virale.

Le complexe gp120-gp41 constitue donc une cible thérapeutique privilégiée pour prévenir l'infection des cellules par le virus. La connaissance des structures tridimensionnelles de ces protéines est une étape nécessaire pour comprendre les relations structure-antigénicité et, plus globalement, structure-fonction.

L'objectif du travail présenté dans ce rapport est d'obtenir un modèle tridimensionnel de la glycoprotéine gp41 afin d'expliquer au mieux les données immunologiques et biologiques disponibles.


Rappels bibliographiques